Le blog du docteur k

Par Equasanté

Vaccination contre le HPV

En France, le cancer du col de l’utérus est une maladie rare, pas un problème de santé publique. C’est le 10ème cancer chez la femme en termes de fréquence d’apparition avec 3068 cas estimés en 2005. Il est responsable de près d’un millier de décès par an. Pour rappel, la mortalité globale en France sur une année est de l’ordre de 550 000 décès.
Ce cancer a la particularité d’être causé par un virus dénommé Human Papilloma Virus (HPV), au terme d’un processus très lent et inconstant.
Autrement dit, le HPV n’induit pas obligatoirement de lésions gynécologiques, et s’il en induit, c’est dans un délai de 15 ans et plus.

Deux laboratoires commercialisent des vaccins contre certains types d’HPV depuis 2007. Bien que les pouvoirs publics recommandent et remboursent ces vaccins, la vaccination systématique de toutes les jeunes filles entre 11 et 14 ans, voire dès 9 ans, par un vaccin contre le HPV n’est, à mon sens, pas justifiée, au regard :

  • de la présomption d’effets indésirables de cette vaccination, rares mais graves.
  • de l’existence d’une méthode de dépistage / surveillance des lésions du col induites par le papillomavirus, simple et efficace : le frottis cervico-utérin.
  • de l’existence de nombreux traitements efficaces sur les lésions cervicales induites par le papillomavirus.
  • du coût d’une vaccination complète (3 doses – soit environ 350 € – plus 3 consultations)
  • de la nécessité de poursuivre des frottis de dépistage réguliers. En effet, le vaccin contre les infections à HPV ne protège que contre 70 % des HPV oncogènes pour le col de l’utérus.

bonhomme fantome seringueAutre lieu, autre réalité. En Afrique subsaharienne, chaque année et de manière stable, le cancer du col de l’utérus touche 34,8 femmes sur 100 000 et 22,5 sur 100 000 en décèdent. En France métropolitaine, ces chiffres étaient respectivement de 10, et 3 décès en 2004. Pour mémoire, la vaccination contre le HPV n’a fait ses débuts qu’en 2007.
Il existe de multiples causes à ces énormes différences, parmi lesquelles l’absence quasi-complète de dépistage et de traitement.
En somme, le vaccin contre le HPV, ce sont les femmes africaines qui en auraient bien besoin. Mais ni elles ni les pays où elles habitent n’ont les moyens de se l’offrir.

Sources :

Institut national de veille sanitaire

Ministère de la santé

 

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