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Par Equasanté

Quand faut-il doser la vitamine D ?

Bien qu’étant une vitamine, la vitamine D se comporte un peu comme une hormone dans l’organisme. Elle joue un rôle majeur dans la croissance et la minéralisation osseuse. Le rachitisme – devenu très rare aujourd’hui dans les pays développés – était la manifestation la plus connue de sa carence. Comme pour toute vitamine, la source de vitamine D est d’origine alimentaire. Et dans le cas de la vitamine D, c’est le fameux cholestérol qui en est la source. La peau, sous l’influence du soleil, joue aussi un rôle dans sa fabrication.

Impact économique

Suite à la parution de plusieurs études scientifiques mettant en évidence un lien entre le taux de vitamine D et certaines pathologies osseuses (ostéoporose), mais aussi non-osseuses et fort répandues (certains cancers, hypertension artérielle, maladies auto-immunes, etc.), la communauté médicale s’est mise à s’intéresser de près à cette vitamine. Pour preuve : son dosage est aujourd’hui dix fois plus demandé qu’en 2005. Pour donner un ordre d’idée, le montant remboursable de cet acte s’élevait à plus de 90 M d’€ en 2011.

Devant l’inflation de ce dosage, les pouvoirs publics ont souhaité que la HAS[1] fixe des limites, selon des critères médicaux.

Que disent les experts ?

Selon la HAS, la mesure du taux de vitamine D est très utile mais elle doit être réservée à des situations précises, à savoir :

  • suspicion de troubles osseux : ostéomalacie, rachitisme
  • suites d’une transplantation rénale
  • en pré et post-chirurgie bariatrique[2]
  • dans certaines situations d’insuffisance rénale chronique, sous dialyse ou non
  • ostéoporose (prouvée par ostéodensitométrie)

Pour prévenir chutes et fractures fréquentes chez les personnes âgées, la HAS recommande de contrôler les apports en calcium alimentaire et de supplémenter en vitamine D, sans qu’il soit nécessaire de doser préalablement la vitamine D.

Quant à l’Académie de Médecine – qui n’a pas été sollicitée par les pouvoirs publics mais dont l’avis s’avère intéressant – elle confirme les conclusions de la HAS, en ajoutant toutefois les cas suivants :

  • surveillance des traitements pouvant induire un risque de fracture osseuse (glucocorticoïdes, certains anti-cancéreux, etc.)
  • troubles du métabolisme phospho-calcique au cours de nombreuses pathologies sévères (malabsorption intestinale, ostéomalacie, maladie de Paget, coliques néphrétiques à répétition ou néphrocalcinose…)

Des difficultés méthodologiques

Si les travaux de la HAS ont le mérite d’avoir fixé des limites au dosage du taux de vitamine D, ils n’ont pas pu venir à bout de certaines difficultés méthodologiques.

Première difficulté : que faut-il doser ? En effet, La vitamine D existe sous deux formes (D2 et D3), et le dosage doit prendre en compte chacune de ces formes. Or, ce n’est pas toujours le cas actuellement. Cette difficulté est en passe d’être surmontée car une standardisation des kits de dosage est à l’œuvre.

Deuxième difficulté : quelle est la fourchette de normalité ? La définition actuelle du taux normal de vitamine D ne fait l’objet d’aucun consensus international. Les deux valeurs seuils de « carence » qui s’opposent le plus souvent, selon les écoles, sont 75 nmol/L[3] et 50 nmol/L. En revanche, il est clairement établi que des maladies telles que le rachitisme ou l’ostéomalacie sont associés à des taux très bas de vitamine D, souvent inférieurs à 12,5 nmol/L.

En conclusion, le dosage de la vitamine D relève bien souvent du superflu en médecine de ville. Si vous êtes fatigué(e) ou que vous avez souvent mal au ventre ou au dos, sachez que la vitamine D n’est pas le remède miracle à vos maux !

Sources :

Haute Autorité de Santé

 Journal international de médecine


[1] Haute Autorité de Santé

[2] Nom donné à la chirurgie visant à réduire le poids des patients obèses

[3] Nanomole / litre de sérum sanguin, soit 0,000000001 mole / litre de sérum

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