Le blog du docteur k

Par Equasanté

Les spasmes du sanglot

Un enfant qui pleure, s’arrête de respirer et perd brièvement connaissance : c’est impressionnant, mais pas forcément grave ! Sachez reconnaître les spasmes du sanglot pour éviter les mauvais réflexes et les comportements inadaptés.

Une suite d’événements évocatrice

Les spasmes du sanglot surviennent le plus souvent entre l’âge de 6 mois et 5 ans, autant chez les garçons que chez les filles. Près de 5% des enfants font au moins un spasme du sanglot dans leur vie.

A la suite d’une contrariété qui peut être apparemment minime (impossibilité de toucher un jouet, refus d’une friandise, apparition surprise), l’enfant se met à sangloter. En se rapprochant, les sanglots produisent une apnée. Le visage de l’enfant devient rouge et son corps est parcouru de spasmes. Puis il arrête de respirer, perd connaissance, son corps devient mou, ses yeux se révulsent et son visage devient blanc. Après quelques secondes, l’enfant reprend spontanément sa respiration et revient à lui comme si de rien n’était.

Quelles différences avec une crise d’épilepsie ?

Les spasmes du sanglot présentent quelques similitudes avec une crise d’épilepsie mais aussi des différences qu’il faut bien identifier :

  • Circonstance déclenchante : les spasmes du sanglot font toujours suite à une émotion forte de l’enfant : peur, frustration, colère, douleur
  • Présence d’un adulte réceptif : les spasmes du sanglot ne se déclenchent qu’en présence d’un parent proche et sensible aux symptômes de l’enfant
  • Durée de la perte de connaissance : les spasmes du sanglot provoquent une perte de connaissance brève (moins de trente secondes en règle générale) avec une reprise de connaissance tellement parfaite qu’elle en est troublante pour les témoins

La différence la plus importante est celle du pronostic. Les spasmes du sanglot sont sans conséquences et disparaissent avec le temps, tandis que la crise d’épilepsie peut laisser des séquelles neurologiques.

Surtout dédramatiser

Après l’âge de 5 ans, les spasmes du sanglot disparaissent sans séquelle physique. Le vrai danger des spasmes du sanglot, c’est de laisser des séquelles psychologiques sur la famille entière. En effet, face à des manifestations aussi spectaculaires, il n’est pas rare d’observer des comportements inadaptés de la part des parents :

  • Anxiété ou panique entrainant un traitement médicamenteux ou une hospitalisation inutile
  • Surprotection avec risque de perte d’autorité, de peur de voir son enfant « piquer sa crise »
  • Demande de conseils éducatifs qui n’ont pas lieu d’être

Ces comportements ne font qu’aggraver l’évolution des symptômes. Il est donc primordial de savoir que les spasmes du sanglot existent, de savoir les reconnaître, et d’admettre qu’ils ne constituent pas une menace pour la santé de l’enfant. Rien ne sert de le gronder. Il vaut mieux garder son calme etabsolument éviter de le secouer sous prétexte de l’aider à reprendre connaissance

Poster un commentaire

Votre email ne sera pas publiée.

*